assorted paintings on white painted wall

Le journal Al Alam met à l’honneur l’artiste peintre et calligraphe contemporain marocain Hachem Amzil dans sa série artistique « Sira bil Alwan » (Un parcours en couleurs).

La série artistique « Sira bil Alwan », qui accueille quotidiennement un ou une artiste du Maroc et du monde arabe dans les pages du journal marocain Al Alam, offre un espace d’expression et de découverte des univers artistiques. Elle invite à écouter les artistes plasticiens, à explorer leurs démarches créatives et à se rapprocher de leurs imaginaires artistiques. Elle constitue également une occasion de mettre en lumière leurs réalités socioprofessionnelles, leurs préoccupations et leurs aspirations. Un grand merci à notre confrère Mohamed Bachkar pour cette belle initiative et pour l’intérêt qu’il porte aux artistes et à l’art. Aujourd’hui, rencontre avec Hachem Amzil, artiste peintre et calligraphe contemporain marocain… (Lire la suite)

ABOUT HACHEM AMZIL

Hachem Amzil

9/18/20265 min temps de lecture

Mon talent s’est développé dès mon plus jeune âge au sein d’un environnement artistique, marqué par l’influence de mon père, l’artiste peintre et calligraphe Mohamed Amzil. Chez moi, l’art a commencé par l’observation avant de devenir une pratique. J’ai toujours été attentif aux détails et aux couleurs qui m’entouraient. Je me souviens notamment qu’à l’âge de quatre ans environ, je me suis arrêté devant un tableau représentant un guerrier combattant un lion. J’avais remarqué que la patte du lion semblait anormalement longue, une observation qui avait étonné mon père et qui constituait l’un des premiers signes de mon inclination précoce pour l’art et la perception visuelle.

Après l’obtention de mon baccalauréat en arts appliqués, j’ai poursuivi le développement de ma formation artistique et visuelle à travers des certifications et des formations internationales dans les domaines de l’art, du design et de la gestion événementielle. Ces expériences ont contribué à élargir ma vision artistique et à approfondir ma conscience de l’importance de conjuguer authenticité et modernité.

Ma démarche artistique consiste à libérer la lettre arabe de sa fonction linguistique pour la transformer en une entité visuelle autonome, où le mouvement, la couleur et l’espace s’entrelacent afin de créer un univers plastique qui invite à la contemplation et à la sérénité intérieure.

« Ma démarche artistique consiste à libérer la lettre arabe de sa fonction linguistique pour la transformer en une entité visuelle autonome. »

Heureux d’annoncer la publication d’un article consacré à mon parcours artistique dans le journal Al Alam, dans le cadre de la rubrique « Sira bil Alwan » (Un parcours en couleurs), dans l’édition du vendredi 18 septembre 2026.

L’article est intitulé :

« Ma démarche artistique consiste à libérer la lettre arabe de sa fonction linguistique pour la transformer en une entité visuelle autonome. »

Mes sincères remerciements et toute ma reconnaissance au journaliste Mohamed Moatassim pour son engagement et ses efforts dans le suivi de l’actualité des artistes plasticiens, ainsi que pour la mise en lumière de leurs démarches et de leurs expériences à travers ses articles, ses reportages et ses diverses émissions.

Merci également au journal Al Alam pour cette invitation et pour l’intérêt porté aux expériences artistiques marocaines.

Je me considère comme faisant partie de la nouvelle génération artistique marocaine qui aspire à renouveler la mémoire visuelle du Maroc à travers une approche contemporaine, puisant son inspiration dans la lettre arabe et l’abstraction, avec une sensibilité résolument moderne. Je ne conçois pas l’art comme un simple prolongement de la tradition, mais plutôt comme un espace de réinterprétation de l’identité visuelle marocaine, dans un langage universel qui conjugue authenticité et réflexion contemporaine.

Dans le paysage artistique actuel, j’aspire à proposer une expérience visuelle qui fait de la lettre arabe un élément vivant, dépassant sa fonction de lecture pour devenir un vecteur de sensation et de rythme visuel. Cette présence artistique a récemment été renforcée par ma sélection parmi douze artistes pour représenter le Maroc et l’Afrique lors d’une exposition internationale à Shanghai, en Chine. À cette occasion, deux de mes œuvres ont été acquises par le musée et l’institut, une reconnaissance que je considère comme une source de motivation pour poursuivre le développement de mon projet artistique et l’inscrire davantage dans le parcours de l’art contemporain.

Ma démarche artistique s’inscrit dans le courant de l’expressionnisme calligraphique gestuel, où j’aborde la lettre arabe comme une énergie visuelle et un rythme libre, bien au-delà de sa fonction de lecture. Ce qui me fascine dans l’art, c’est sa capacité à exprimer une sensibilité personnelle et à transformer les émotions intérieures en compositions chromatiques et gestuelles porteuses de calme et d’équilibre psychologique.

Dans mes œuvres, je cherche constamment à créer des espaces qui procurent au spectateur un sentiment de bien-être et de contemplation. C’est pourquoi je considère l’art comme une forme de thérapie visuelle et intérieure. Je porte également un intérêt particulier au mouvement et à la lumière au sein de la composition, car ils insufflent à la toile une vie et un rythme qui lui sont propres. Les principales caractéristiques de mon travail résident ainsi dans la fusion entre la lettre arabe et l’abstraction contemporaine, à travers des compositions fondées sur l’harmonie des couleurs et une expressivité apaisée, laissant au spectateur toute liberté d’interprétation.

Je considère que l’intelligence artificielle peut constituer un outil positif, ouvrant de nouvelles perspectives aux artistes plasticiens. Toutefois, elle peut également représenter un risque pour les nouvelles générations si elles y ont recours dès le départ, sans avoir préalablement développé de véritables compétences créatives et intellectuelles.

La créativité ne naît pas de la machine, mais de l’expérience, de l’observation et d’un apprentissage continu. Il est donc essentiel d’encourager les enfants, dans un premier temps, à développer leur capacité d’innovation ainsi que leurs facultés intellectuelles et visuelles, afin qu’ils puissent acquérir leurs propres outils d’expression artistique. Ce n’est qu’ensuite qu’ils seront véritablement en mesure d’utiliser l’intelligence artificielle de manière consciente et réfléchie.

Aujourd’hui, la scène des arts plastiques au Maroc connaît une dynamique artistique riche et diversifiée, témoignant de la pluralité des expériences et des visions esthétiques. Elle reste toutefois confrontée à des défis liés notamment au manque de développement du goût et de la sensibilité artistiques auprès d’une partie du public. La difficulté ne réside ni dans le manque de créativité ni dans l’absence de talents, car le Maroc regorge toujours d’artistes capables de produire des œuvres porteuses de dimensions humaines et universelles. Elle se situe plutôt dans l’insuffisance d’une véritable culture visuelle capable d’accompagner cette évolution.

Il devient donc essentiel de renforcer l’éducation artistique au sein des établissements scolaires et de développer la présence des expositions ainsi que des programmes culturels et médiatiques permettant de rapprocher l’art de la société. Plus la conscience esthétique du public se développera, plus les arts plastiques marocains pourront poursuivre leur évolution avec confiance et s’ouvrir davantage à l’international, tout en préservant leur identité culturelle.

Cela ressemble au parcours d’un menuisier qui commence par travailler avec un marteau et une scie manuelle, développant ainsi son savoir-faire et sa sensibilité à la matière, avant de passer à la scie électrique pour perfectionner son travail et accélérer sa production. L’essentiel est donc de maîtriser d’abord les fondamentaux avant de s’appuyer sur les nouvelles technologies.

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